Dominique Trottier, journaliste et écrivain

J’ai séjourné en RDC d’octobre 2015 à avril 2016, pour offrir des formations aux journalistes de Radio Okapi, le seul média indépendant du pouvoir politique local, financé par l’ONU. J’y ai rencontré et connu des Congolais formidables, voulant contribuer du mieux qu’ils le peuvent au bien-être de leur société.   

Le 7 juillet dernier, j’ai été abasourdi lorsque j’ai lu sur le site de RFI que la RDC demandait un soutien financier de la communauté internationale, pour éviter de se retrouver en situation de défaut de paiement  http://www.rfi.fr/afrique/20170707-rdc-kinshasa-demande-soutien-financier

Le marasme économique mentionné par le gouvernement congolais est d’abord et avant tout lié aux agissements du Président Joseph Kabila Kabange, qui a volontairement plongé le pays dans l’incertitude et une importante crise politique en refusant la tenue d’élections en 2016, contrairement à ce qui est stipulé dans la Constitution. Ajoutons à cela que le Président Kabila pourrait lui-même résorber en partie cette crise, s’il remettait dans les coffres de l’État les millions et millions de dollars qu’il y a dérobés depuis son accession au pouvoir, en 2001.

C'est d'une tristesse inouÏe. Les Congolais méritent mieux!!! Tous les malheurs de ce pays ne sont pas dus à "la volonté de Dieu", ni à celle des "marabouts", contrairement à ce que croit une bonne partie de la population. Ces malheurs sont principalement dus à deux autres phénomènes liés à ces croyances pernicieuses : l'omnipotence des pouvoirs politiques et cléricaux ainsi que le fatalisme de la population. Il faut aussi bien sûr mentionner un certain laxisme de la communauté internationale envers le pouvoir en place.

Quoi qu’il en soit, la RDC a besoin d’un mouvement populaire provoquant une « révolution tranquille », comme celle qui s’est produite au Québec dans les années 1960, et qui a permis à cette société francophone « défavorisée », à l’origine, de bien se développer au sein  du Canada.  Ultimement, aucun changement n'est possible sans la force extraordinaire que constitue la population locale. Malheureusement, il ne semble y avoir aucun vecteur de changement à l'horizon en RDC. Pourtant, j'ai rencontré lors de mon séjour à Kinshasa de nombreux jeunes congolais prometteurs et progressistes souhaitant des changements majeurs dans leur société. Ce sont eux qui ont le pouvoir de former un important vecteur de changement. Et j'espère qu'ils seront en mesure de s'organiser rapidement devant ce pouvoir défaillant et faible actuellement : sinon, les drames du passé risquent malheureusement de se reproduire...

Appel à une révolution «tranquille» en RDC, de la part du Mundele dansant​, Congolais de cœur

Par Dominique Trottier - 9 juillet 2017

Qui est ce « blanc bec », ce « Mundele dansant », pour nous appeler à faire la révolution, aussi « tranquille » soit-elle ? Il s’appelle Dominique, certains collègues de Radio Okapi l’ont surnommé «Papa Do », tout comme les enfants qui le croisaient quotidiennement près de chez lui à Kinshasa, au coin de la rue.

Croiser un « Mundele » (un Blanc) marchant dans un quartier populaire à Kinshasa, c’est aussi « rare que de la merde de Pape » (excusez mon blasphème, c’est une expression courante au Québec, d’où je viens). Eh oui, je suis comme un Justin Trudeau, en moins policé. Pourquoi on ne croise pas de Blancs (à part moi) dans les rues de Kinshasa ? Parce que tous les gouvernements occidentaux avertissent leurs ressortissants que c’est très dangereux, même en plein jour.